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Ouvrage en cours "Le ruban de lumière"

Karen se frotta les yeux vigoureusement, s'étira comme un félin faisant jaillir la pointe de seins sous la malice du tissu et glissa les mains dans ses cheveux pour les démêler.

Elle éprouvait beaucoup de difficultés à s'extirper de la chaleur rassurante de son lit.

Elle se leva en trainant les pieds, ouvrit les rideaux de sa grande fenêtre ou l'aube naissante du mois de mai déversa ses suaves lueurs. Elle se dirigea en baillant vers sa minuscule cuisine pour brancher sa cafetière et préparer une coupe de lait à son petit chat qui papillonnait entre ses chevilles en lui mordillant l'extrémité des orteils.

Karen résidait dans un modeste appartement mansardé au dernier étage d'un immeuble proche de la place d'Italie. Malgré une surface habitable restreinte, elle l'avait bien aménagée. Son exposition plein Sud permettait à la lumière de pénétrer par une large ouverture relevant la blancheur des murs. Le sol était entièrement recouvert d'un parquet stratifié dégageant les chaudes nuances d'un bois doré. La pièce principale comportait un lit dont le sommier reposait pratiquement sur le plancher, recouvert d'une ample couette blanche. Devant la fenêtre se dressait un canapé deux places en coton aux teintes ivoire et une table adaptable multifonction. Une étagère garnie de quelques romans séparait le coin séjour de la partie nuit. De belles lampes et des photographies artistiques agrémentaient la décoration très dépouillée et épurée de son studio. Karen avait horreur des bibelots, de tous ces objets inutiles, achetés dans des boutiques de souvenirs lors de séjours à l'étranger. Ces futilités endormies sur les étagères, coiffées de poussière gisent dans l'indifférence et ne sont réveillées que par l'intérêt soudain d'un visiteur complaisant.

Elle gagna rapidement la salle de bains pour se doucher. Elle abandonna son long T-shirt en coton avant de pénétrer dans l'étroite cabine. Elle se délectait sous le dôme de pluie qui arrosait son corps d'une réconfortante fraîcheur. Elle se sécha et noua une grande serviette autour de ses reins. Elle s'admira un instant devant sa glace, constatant que sa poitrine était magnifique. Elle approcha son visage du miroir grossissant afin d'évaluer une éventuelle imperfection ou une ridule débutante apte à dégrader la précellence de ses traits. Après un examen minutieux, il n'y avait décidément aucun nuage sous le ciel de sa beauté.

Tout en savourant sa satisfaction elle se maquilla très discrètement, dans le désir de délivrer l'apparence naturelle de son visage.

Elle ouvrit sa penderie, hésita entre une robe et un pantalon et opta finalement pour un jean, un pull et des basquets. Les filles portent des robes, mais Karen préférait les jeans c'est ce qui lui convenait le mieux. Elle se sentait bien dans ce vêtement qui moulait parfaitement ses jolies fesses.

Elle avala deux tartines de pain avec du beurre et de la confiture d'orange, un fruit et un grand café sans sucre.

Enfin prête avec un peu de retard comme à l'accoutumée elle enfila une veste légère, caressa à nouveau son chat qu'elle embrassa sur le bout du nez. Elle quitta son studio, dévala les quatre étages de son immeuble dans la désinvolture et la bonne humeur pour se retrouver dans la rue. Surprise par la fraîcheur matinale, elle pressa le pas en direction de la station de métro la plus proche.

Karen travaillait au service des urgences de l'hôpital Cochin où elle devait effectuer une garde de 24 heures. Elle était en deuxième année d'Internat qu'elle avait décrochée avec une ambition dévorante et un acharnement insensé à l'étude. Elle s'était décidée à s'orienter vers la profession médicale dans des circonstances tragiques qui l'avaient particulièrement bouleversée.

La mère de Karen était d'origine italienne, plus précisément de Florence. Elle lui parlait souvent de cette cité mythique magnifiée par ses palais de pierre et ses églises de marbre blanc abritant la gloire et la fierté des siècles écoulés. Elle évoquait les lueurs flamboyantes du crépuscule sur l'Arno se dissipant dans le silence d'une prière, saisie par le timbre émouvant d'une lourde cloche résonnant au lointain.

Et quand la lune incline ses lueurs bleutées sur le dôme vertigineux de la cathédrale qui scintille comme la voute céleste, il semble fleurir un cortège d'étoiles comme une vague frangée d'or.

Elle adorait les aurores dévouées aux paysages toscans où les brumes matinales fondent sur les vallées, croquées par les premiers rayons du soleil. Les embruns argentés essaiment leurs ombres évanescentes sur les plaines où le doux murmure des fleurs glisse sur l'onde frissonnante des herbes frêles. Lorsque le printemps émaille ses charmes rayonnants, les vallées vertes se chamarrent de couronnes fleuries s'élevant au triomphe de l'horizon d'azur.

Elle adulait cette nature généreuse diaprée de mosaïque où les flammes d'or infiltrent la rosée du matin au chant des vibrations de la vie. Elle contemplait cette âme divine dans le ravissement d'un amour infini où la brise dépose ses baisers sur des rêves enflammés.

La mère de Karen relevait d'un caractère plus possessif que maternel. Elle survola son existence, insatisfaite et aigrie dans un univers cruel qu'elle n'avait pas choisie. Cette femme affligée fut abandonnée par son compagnon quelques mois après la naissance de Karen. Elle n'eut pas à sa connaissance les véritables raisons de sa fuite. Cet homme lâche ne semblait pas prêt pour la paternité et ne supportait pas les enfants. Il n'adoptait aucune aptitude à s'occuper de sa petite fille pour laquelle il ne portait aucune affection. Sa mère le suspectait d'avoir une autre liaison et il quitta un beau jour le foyer dans un mutisme total. Elle éleva seule sa fille unique avec courage et détermination. Elle travaillait dans une agence de voyages de la capitale et passait ses journées à faire rêver les couples d'amoureux en partance, alors qu'elle n'avait plus de rêve. Elle s'abandonna dans une solitude dévorante, refusant tout espoir de revivre une histoire d'amour. Elle avait perdu totalement la confiance des hommes après avoir été délaissée par celui qu'elle avait tant aimé.

Extrait "Le vrai et le beau"

Dans un désir palpitant, sa main s'égara sur ses
seins gonflés sous le corsage de dentelles où Éros se dressa dans le souffle
troublant d'une églantine froissée. Elles se dénudèrent pour laisser le
plaisir vibrer et inonder leurs corps délicats dans la tiédeur nacrée de la
clarté lunaire. La volupté des mains légères comme des pétales de roses
s'abandonnait à la futilité des mots suspendus sur leurs lèvres. Au clairobscur
apeuré, leurs doigts s'effleuraient dans une promesse éperdue de
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délices. Elles se sentaient hypnotisées, enchaînées à leurs regards, happées
par les remous frémissants des pulsions érotiques. Leurs corps nus lovés
l'un contre l'autre, avalés par un appel ardent, frissonnaient au contact des
cuisses, du ventre et du s exe. La flamme aveuglante de leur passion
resplendissait de cette fougue effrontée consumant les coeurs en déroute.
Elles s'anéantissaient dans un torrent d'amour bouleversant où ruissellent
et gémissent de suaves caresses, se diluant aux ombres argentées de la
mer qui sommeille. Chloé plongea ses yeux dans le regard de Veronika
dans un parfum d'abandon, se noyant dans ses fantasmes. Jamais elle
n'avait éprouvé un tel ravissement, comme si les digues de sa mémoire
s'étaient fracturées sur un nouveau royaume où les brisants volent en
éclats. Son ventre bouillonnait, ses mains ondulaient, ses lèvres languissaient
de baisers. Elle sombrait aux confins de la vie et de la mort, au seuil de
l'extase et de l'agonie en embrassant son corps voluptueux à la silhouette
divine, à la peau douce et délicate. Elle glissait ses cheveux radieux et
rayonnants sur ses seins frémissants, dans une danse féérique déversant
une vague endiablée de caresses. Elle enfiévrait les flambeaux brûlants de
sa nudité qui s'offraient à ses étreintes veloutées. Son esprit s'évada dans
un voyage éphémère, dans un intime vertige délivrant son superbe corps
aux rivages grandioses ressuscitant les songes assoupis. Un fluide mélodieux
ondula sur son coeur, comme une douce lamentation exaltant la floraison
de son jardin secret dans un élan d'exubérance. Les yeux grands ouverts
sur l'enchantement éblouissant de la nuit piquée d'étoiles, une vague de
tempête inonda son corps lorsque Veronika posa ses lèvres sur son s exe.
Son coeur s'affola, ses pensées divaguèrent dans une envie éperdue de
jouissance. Elle était dévastée par l'hédonisme des longues convulsions
qui déferlaient sur son ventre. Au moment le plus intense du plaisir, elle
s'abandonna à l'impudeur violente et triomphante d'une onde de débauche
submergeant son bas-ventre comme un cristal brisé. Un orage torrentiel
déferla et envahit tout son corps. Elle ne dominait plus rien, ni la vie ni la
mort. Elle était propulsée dans l'éternelle magie des étoiles célestes.
L'embrasement des sens et les élancements de l'amour l'avaient engloutie
dans un puits de jouissance

Extrait du "Voyage de Sarah"

Les pleurs souvent retiennent leurs mots
Suspendus aux lèvres de nos maux
Dans le silence étouffant de nos pensées
Fuyant le déluge de l'enfance déchirée
Au miroir brisé glisse l'ombre de la vie
Troublant le coeur de sentiments meurtris
La vie, la mort mêlées dans notre boîte à secrets
Tisseront à jamais les liens d'amour et de vérité
Le coffret s'ouvrira sur un monde inconnu
Libérant ton regard qui ne me quittera plus
Les larmes de ton coeur m'apporteront la paix
La nostalgie de ton âme, un sourire qui renaît
Les blessures muettes de mon corps torturé
Écriront l'amère partition d'un fantôme tourmenté
Dans mon exil solitaire, le clément murmure d'un ange
Guidera ce souvenir cruel vers ma fidèle étoile
Les promesses d'espoir à la dérive des jours
Mûriront le serment d'un éternel amour
Mon âme pillée agonisant de révolte
Martyrisée par le feu de convulsions ardentes
Brûlera au délire envoûtant du chagrin
Gravé à l'injustice d'un ultime chagrin.
Le tourbillon des affres abreuve la fontaine des démons
Au sinistre labyrinthe gémissant de mystérieux frissons
Le supplice glacial de ruines dévastées, guette le néant
Misère fugitive où le vide instille un désert brûlant
Déchirure où survivent les déceptions ensevelies
Et l'affliction apaisée par l'obsession de la vie
Un parfum de tristesse écume l'océan de mes angoisses
Dans le cortège inachevé d'illusions misérables
Où saignent les blessures d'un ténébreux orage
Abandonnées au spleen, en lambeau qui voyage
Du printemps qui renaît à l'hiver de souffrance
Le messager d'ennui s'estompera au trésor d'espérance
Le doute de la providence ranimera la flamme de mon coeur
Dans un chant mélodieux consolant les instants de bonheur
Le chaos vacillera dans un soubresaut d'agonie
Sur le spectre éphémère du désarroi maudit
Je graverai ton amour au gardien des nuages
Comme une déesse sacrée, immaculée de grâce
Je tresserai des fleurs d'or à ton Éden béni
Aquarelle pastorale teintée des notes du paradis
La colombe plaintive enchantera la douceur de mes rêves
Offrant un murmure infini à l'essence des sèves
Je parlerai aux roses que tu n'as pas cueillies
Chanterai avec les oiseaux, en écoutant leurs cris
Soufflerai au zéphyr ton adoration éternelle
Et n'oublierai jamais que tu es la plus belle
À l'océan de lumière, tu accompagnes mes pas
L'écume de tes lèvres toujours me caressera
Au soleil de mon roman, je penserai à toi
Ma Chérie, mon Amour, ma Foi.

Le soleil couchant et ses frissons silencieux s'invitèrent au théâtre du temps jadis, pointant ses flèches rousses sur la façade d'un antique temple dont les voûtes et les colonnes attestaient la fragilité de l'âge. Ce palais des songes enrobé d'une austère solitude recueillait le glissement feutré des fantômes affligés de certitudes des arbres célestes qui l'entouraient.
Paul gravit quelques marches et accéda au perron à la fois solennel et vétuste, gorgé par les suaves vapeurs du crépuscule naissant, dévoilant un majestueux patio dont les dalles étaient constellées de pétales de roses rouges. Au centre s'élevait une fontaine en marbre blanc déversant une eau limpide et parfumée.
Une colombe brisa le silence écrasant en émergeant de la pénombre pour se jucher sur la margelle du bassin et cristalliser le regard de Paul.
Il traversa l'atrium pour découvrir une vaste esplanade extérieure, bordée par une balustrade composée de pilastres de marbre rouge, certains réduits à l'état de vestiges par l'usure du temps.
L'évocation à l'infini était sublime, le ciel et l'océan fusionnaient de tons violines dans un silence et une troublante sérénité où la pureté et l'éternité magnifiaient les éléments.
Paul était submergé par la fascination du spectacle qui s'amplifiait devant lui, murmure de solennité, parabole sublime et absolue de l'infini, divin paradis de la création. L'horizon vaporeux expirait dans l'harmonie du soir d'une frange de feu ruisselant ses lueurs d'or où l'abîme du ciel et le lit de corail s'inondent de lumière.
La colombe vint se poser avec la légèreté d'une plume sur l'épaule de Paul, étourdi par l'instant où la mer s'éteint dans les songes. Elle semblait inviter une âme féminine comme un rêve dans ses pensées comme un doux message sur son coeur.
Paul perçut alors le souffle étrange d'une présence proche ; l'oiseau surpris s'envola et disparut.
Elle émergea de l'ombrage telle une étoile filante, illuminant le cosmos et se dévoilant à l'univers.
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La silhouette nue de son corps de rêve se devinait sous un voile blanc transparent dans une grâce frissonnante, caressée par une suave harmonie. Son visage respirait la candeur, elle était merveilleusement belle avec les longues boucles d'or de sa chevelure qui coulait sur sa poitrine en vagues blondes et vermeil. Paul fut ébloui par ce regard translucide et son sourire angélique. Sa main avec une infinie douceur vint se glisser dans la sienne. Une nuit d'ébène drapait la mer dans son paisible berceau, alors que la voûte céleste s'enfiévrait d'étoiles.

Mon regard se fige sur un lac assoupi, où les rêves s'épuisent au cristal de tes yeux,
Les émotions se moulent dans une douce étreinte, aux secrets somnolant à l'écrin du désir,
Dans ce silence radieux, mes mains rejoignent tes doigts graciles et délicats,
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Qui tissent des coquelicots, couchant leurs rubis flamboyants sur des épis d'or.
Sur tes paupières mi-closes glisse une larme de miel qui se fond sur ta joue,
Que mes lèvres recueillent à la rivière des baisers sur ta bouche parfumée, rose du matin.
Les boucles de soie d'or de tes cheveux ambrés, ruisselant dans ton cou,
Courtisent le galbe parfait de tes seins de velours, offerts aux caresses nocturnes.
Les lueurs de braise de ton regard ardent, jaillissent à mes yeux dans la fusion de songes,
Ton corps se courbe sous le voile de satin blanc, telle une vague de dunes ployant au mirage du désert,
Ton ventre tendu sous mes doigts affleurant ta peau, sème des perles d'eau
Qui éclatent en soupirs gorgés de sève parfumant le silence.
Un souffle d'émotions submerge ta chair de lumière,
Où les sens trahissent leurs masques à la fresque du plaisir.
Mes lèvres se couchent sur un volcan de feu, réveillant la flamme, d'un sommeil léthargique,
Les cascades de nectar qui murmurent sur ses pentes, inondent le vallon d'une divine ivresse,
Où ma bouche s'abandonne au velouté d'une fontaine fragrante,
Dégustant jusqu'à l'extase le chant mélodieux des nymphes.
Ta sensualité frissonne sur la mer déchaînée et baigne sur une onde de chimère
Qui ravit les pépites de lueurs à l'Éden des délices, brodant des mots d'amour sur nos corps enlacés.
Au ciel de ton plafond tombe une pluie d'étoiles,
Déposant leurs baisers aux branches de ton coeur
Nos âmes se bousculent vers l'amour infini, invitent Éros au voyage initiatique,
Pour savourer les pommes d'or au jardin des Hespérides.

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